Samedi soir, à l’Anse-à-Gilles
Marie-Rose, orgueilleuse, peine à retenir ses larmes. De joie, bien sûr. Sa famille — il en manque plusieurs qui ont déjà quitté la grande maison de L’Anse-à-Gilles — les attend, Marc et elle, sur le quai de la gare du Cap-Saint-Ignace. Joséphine sourit à travers ses larmes, de joie elle aussi. Joseph-Édouard sourit, même si cela n’est pas dans ses habitudes — on ne le surnomme pas «Blacky» pour rien. Il est malade et cela le rend souvent impatient et acariâtre.
Marc, contrairement à son habitude de s’endormir partout, n’a pas fermé l’œil tout au long du voyage. Et quand on dit long… Monter dans le train à Morin-Heights et en descendre à Montréal. Changer de gare pour attraper le train de Québec. Rendu là, changer de train pour poursuivre jusqu’au Cap-Saint-Ignace. Marc, qui n’est jamais allé beaucoup plus loin que Saint-Jérôme, s’est rincé l’œil de tous ces paysages changeants. De moins en moins de bois et de plus en plus d’eau. Le fleuve qu’il n’avait jamais vu…
Marie-Rose a préparé un casse-croûte qu’ils ont mangé dans le train. Elle ne savait pas si l’on servait de la nourriture dans le train. Et, pour être francs, Marc et elle n’avaient pas les moyens d’en acheter. Déjà que les billets de train n’étaient pas donnés. Elle a consenti à plusieurs sacrifices afin de faire, enfin, son voyage de noces, et de présenter son mari à sa famille.
Quand elle embrasse sa mère, celle-ci lui murmure à l’oreille :
— As-tu une bonne nouvelle pour nous autres ?
Marie-Rose comprend ce que Joséphine veut dire par là: Est-elle enceinte ? Après tout, cela fait presque un an et demi qu’elle est mariée.
— Non, pas encore, répond-elle à l’oreille de sa mère.
Joséphine, toujours en douceur :
— Ça va venir, décourage-toi pas !
Quelle n’est pas la surprise de Marie-Rose de voir sa sœur Alice et son mari Joseph Coulombe !
— Si tu nous l’avais dit, vous auriez pu descendre avec nous autres, lui dit sa sœur. Mais ça n’aurait plus été une surprise.
Marie-Rose croit bien qu’elle ne pourra plus retenir ses larmes. C’est trop d’émotion.
Marc, pour sa part, est impressionné par la grandeur et la prestance de son beau-père. La moustache fière, celui-ci serre la main de son gendre avec fermeté. C’est bon signe, car Joseph-Édouard n’a pas pour habitude de cacher ses impressions. Il a reconnu en Marc un homme bon, bien qu’un peu silencieux… et petit.
Joséphine serre ensuite Marc dans ses bras.
— Je suis tellement contente de faire votre connaissance. Rose m’a écrit beaucoup de bonnes choses à votre sujet.
— Merci, madame, murmure Marc.
Contrairement à sa propre mère, sa belle-mère est petite et frêle.
Quand tout le monde s’est présenté, Joseph-Édouard invite Marie-Rose et Marc à monter dans sa voiture à poil pour se rendre à la maison. Les autres s’entassent dans les autos de Jos Coulombe et d’Édouard, le frère de Marie-Rose, celui qui lui a «servi de père», le jour de son mariage.
***
La journée passe en retrouvailles et en présentations. «La parenté est arrivée…», comme chantera plus tard Jacques Labrecque. Des Poitras et des Gamache. Marie-Rose présente Marc à ses oncles, à ses tantes, à ses cousins et cousines, et même à des voisins. Valéda Blanchet, sa grande amie depuis le couvent, a fait le voyage jusqu’à L’Anse pour embrasser Marie-Rose.
C’en est déconcertant pour ce pauvre Marc qui n’est pas habitué à un rythme aussi étourdissant. Les conversations s’entrecroisent. Il ne sait plus à qui il parle. Est-ce Cécile, la sœur de Marie-Rose. Pourtant non, elle habite aux États-Unis avec son mari, Fernand Lamarre, qui travaille dans les factries. À moins que ce soit Laura… Oui, c’est elle. Elle apris congé du presbytère du Cap-Saint-Ignace, où elle est servante, afin d’aider sa mère pour le souper de noces… du moins, c’est comme ça qu’elle nomme le repas qu’elle s’affaire à préparer. Laura offre un verre de vin de cerises à Marc qui, devant l’inconnu, n’ose pas refuser. Habitué à la bière, il sirote son verre en regardant le va et vient de toutes ces personnes qui s’agitent.
—Ôte ta veste d’habit, tu vas fondre. Déjà que t’en as pas gros sur les os.
Édouard s’est approché de Marc sans que celui-ci s’en aperçoive.
Marc lui sourit.
— J’cré ben que t’as raison.
Il s’exécute. Édouard fait disparaître la veste et revient avec un bière.
— Peut-être que t’aimerais mieux ça? Le vin de cerises, c’est le boire des femmes.
Marc ne se fait pas prier.
De son côté, Marie-Rose n’en finit plus de faire admirer sa bague de fiançailles — qu’elle s’est elle-même achetée — et son alliance. Les tantes, les cousines et les amies n’en reviennent pas. Alice raconte à voix basse, pour ne pas que Marc entende, la mésaventure vécue par Marie-Rose, le jour de l’achat de sa bague dans un grand magasin de Montréal. Toutes les femmes réunies s’esclaffent.
— Ma p’tite fille, lui dit Joséphine, t’es une vraie Poitras! Nous, les Gamache, on aurait jamais eu assez de front pour faire une affaire de même.
***
Pour ceux et celles qui ne seraient pas au courant de l’événement raconté au chapitre 7 de ces histoires de famille, Marie-Rose, voyant que ça ne semblait pas d’usage, à Morin-Heights, d’offrir une bague de fiançailles, décida de s’en acheter une. Il ne serait pas dit qu’elle serait une fiancée sans bague.
Elle se rendit donc à Montréal et, après s’être fait snober par une vendeuse qui trouvait son choix un peu cheap — en faisant une moue de presque dédain tout en levant les yeux au ciel —, fit un esclandre qui attira aussitôt la gérante très très anglophone du rayon des bijoux. Marie-Rose se plaignit, dans son anglais à l’accent irlandais de Montfort, d’avoir été insultée par la vendeuse. Après avoir chassé celle-ci — qui lâcha un sacre typiquement canadien-français —, la gérante offrit elle-même ses services dans un français approximatif, mais tout de même… Elle ne passa aucune remarque sur le choix de Marie-Rose. Le diamant était bien petit, mais au moins il y en avait un.
***
— À table tout le monde !
La voix de Joséphine ne porte pas beaucoup. Laura prend le relais.
— V’nez manger, c’est prêt!
Un mouvement s’amorce. Joseph-Édouard trône déjà à un bout de la table et Joséphine le rejoint, à l’autre bout. Laura et quelques bonnes âmes font le service.
— Toutes des affaires que j’avais jamais mangées, dira Marc plus tard. Ben bon, par exemple.
Joséphine a préparé son bœuf à la mode, dont elle a hérité la recette de sa mère, Marie Talon, qui, elle, la tenait de sa mère, Marcelline Gaudreau, etc. Joséphine la partagera à toutes ses filles. Joseph-Édouard fils (qui, pour l’instant, tente sa chance chez les Dominicains de Saint-Hyacinthe et deviendra plus tard le frère Macaire de l’ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu) et son frère Édouard n’ayant pas manifesté, comme la plupart des hommes de leur temps, de réels intérêts pour la cuisine.
Marie-Rose préparera chaque année son bœuf à la mode, aux fêtes. Elle en transmettra la recette à son aîné, Raymond, qui, chaque année, aux fêtes, comme sa mère, la préparera avec amour pour la servir à ses amis. Après sa mort, la recette entrera dans les souvenirs, mais plus personne ne la préparera.
***
Je me permets ici un souvenir personnel. Il brise le récit du voyage de noces de mes parents, mais il est trop beau pour ne pas le raconter.
Mont-Rolland, fin des années 1940, début des années 1950
J’ai encore en mémoire l’odeur invitante du bœuf à la mode, servi traditionnellement avec une purée de pommes de terre garnie de persil ou de ciboulette. Je me souviens, enfant, avant Noël, quand ma mère cuisinait toute la journée. Ça sentait tellement bon ! Le poêle à bois chauffait à pleins poumons. Ma mère sortait ses tourtières du four sous lequel la chatte Miquette était vaporeusement étendue. La nuit, interdiction pour celle-ci de coucher avec ses fils. Encore moins avec Marc et elle. Alors, tout de même soucieuse du confort de l’animal, ma mère plaçait une vieille couverture de laine de son trousseau près du grillage qui permettait à la fournaise à bois de pousser sa chaleur au rez-de-chaussée. Heureuse Miquette, parce que mon frère et moi, à l’étage, on gelait.
J’admirais, sur les grands rubans rouges que ma mère avait suspendus aux murs de la cuisine, les cartes de Noël que nous recevions. Quand mon père entrait pour dîner, il s’arrêtait à la boîte postale au bord de la route pour y prendre le courrier. Quand il entrait, il disait :
— Rose, t’as encore reçu des cartes de Noël !
Ma mère interrompait aussitôt ses tâches ménagères pour ouvrir, l’une après l’autre, ces cartes qui lui apportaient des vœux d’un peu partout, même du Manitoba, où son cousin Gabriel Poitras était curé. Une année — c’était avant moi —de mystérieux signes sur une enveloppe attirèrent l’attention de ma mère. Elle se demandait qui pouvait bien lui envoyer une carte de Noël de ce lointain, et inconnu, pays. C’était sa cousine Gabrielle Laurent, religieuse missionnaire de l’Immaculé-Conception, et sa carte venait du Japon.
Les cartes de Noël, c’était une tradition dans ma famille. Ma mère en envoyait une bonne soixantaine et en recevait tout autant sinon plus, si elle avait oublié quelqu’un sur sa longue liste. Madame Savaria, son amie de Montfort, était toujours en première place sur l’un des longs rubans rouges. Dès le 1e début du mois de décembre, elle postait ses cartes de Montréal où elle passait l’hiver, rue Rivard. Sa maison a disparu, longtemps après elle, lors de la construction de l’édicule du métro Mont-Royal.
Plus tard, entouré de si bonnes odeurs, je m’installerai à un bout de la table de la cuisine pour faire mes devoirs, pendant que ma mère, silencieuse, écoutera Les Événements sociaux, une émission radiophonique animée par Camille Leduc. Elle y prêtait une attention particulière quand il était question d’un mariage ou d’un décès d’« en bas de Québec », comme nous disions pour désigner le Cap-Saint-Ignace, L’Islet, Saint-Jean-Port-Joli et tous ces villages que ma mère avait parcourus durant sa jeunesse. Elle avait enseigné à L’Anse-à-Gilles, à la Rivière-Ouelle, à Sainte-Apolline et dans le rang de la Côte-à-Balle.
Pour l’heure, revenons dans la cuisine chez Joseph-Édouard et Joséphine. Il y règne une chaleur presque étouffante. Le poêle à bois n’a pas chômé. Et nous sommes en plein été.
***
Plus le repas avance, plus les conversations se tarissent. On digère lentement, très lentement toute la nourriture que l’on vient d’ingurgiter. Après les tourtières et le bœuf à la mode, il y a eu les desserts : tartes au sucre, aux pommes, aux cerises de France. Joséphine a même étagé un beau gâteau de noces aux fruits confits. Marie-Rose a fondu en larmes en le voyant.
— Elle est toujours aussi braillarde, croit bon de souligner Joseph-Édouard à Marc qui est assis à ses côtés.
Les hommes fument la pipe ou la cigarette. Les femmes respirent leur fumée en sirotant leur thé.
C’est à ce moment que Laura prend les choses en main.
— Tout le monde dans l’salon ! Nous autres — elle désigne quelques cousines ou amies — on fait la vaisselle. Les canards sont pleins d’eau chaude. Ça prendre pas d’temps. Pis, après, on va danser!
Elle jette un œil vers son père, qui ne peut s’empêcher de sourciller. Il a toujours interdit à ses enfants de se rendre à des veillées où l’on dansait. Le curé avait dit que l’enfer guettait les débauchés qui s’adonnaient à ce plaisir coupable. Il paraît même que le diable, dans un beau carrosse, s’était invité à une des ces danses… Mais, le temps a passé. Ses enfants sont grands maintenant. Malgré tout, derrière l’écran de fumée de sa pipe, il veille… Il veut que l’on s’en tienne aux quadrilles et aux sets carrés. Une valse des mariés, peut-être, pour ouvrir la danse, mais pas plus.
Alice s’installe au piano. Un cousin Gamache accorde son violon. Un autre, un Poitras celui-là, ses cuillères en main, accorde ses souliers au plancher du salon; il faut trouver les bonnes lattes, celles qui résonnent le mieux quand on les tape du pied. Le moment est solennel. Un air de valse se fait entendre, Le beau Danube bleu…
Laura s’avance vers Marc et l’invite à ouvrir la danse. Elle ne se doute pas de ce qui l’attend. À part les sets carrés, Marc danse très mal. Marie-Rose l’a pourtant prévenue. Laura se tient à bonne distance de Marc; elle n’aime pas qu’on lui pille sur les orteils. Joseph-Édouard, quant à lui, trouve que sa fille aînée manifeste une belle vertu.
***
On se demandera peut-être pourquoi Marc ouvre la danse avec sa belle-sœur, surtout lors du souper de ses noces. La raison est profondément ancrée dans le cœur et l’esprit de Marie-Rose : une promesse faite au Ciel, plusieurs années auparavant, de ne jamais danser si elle retrouvait l’usage de ses jambes «inflammées» et enflammées par ce que l’on appelait à l’époque la «tuberculose des os». Une année complète sans enseigner, à se faire servir par sa mère, à se sentir inutile… Neuvaine après neuvaine, elle en était venue à cette promesse solennelle. Elle y sera fidèle toute sa longue vie, à l’exception du jour de son mariage, et avec la permission du curé de Saint-Sauveur, qui la relèvera de son vœu en cette journée si spéciale.
***
Édouard fait valser sa mère, toute petite dans les bras de son fils, si grand et si solide. Joseph-Édouard a bien sourcillé un peu en la voyant se «pavaner» sur la piste de danse… Il le lui fera sans doute remarquer dans l’intimité de leur chambre, mais pour l’instant, il laisse faire. Il se dit que le monde change. Un peu trop vite à son goût.
Les quadrilles et les sets carrés font oublier le langoureux de la valse. On swinge la bacaisse dans l’fond d’la boîte à bois. Piano, violon et cuillères ne chôment pas. Les reels se succèdent, dont le préféré de Marc, le reel du Pendu. On swing et reswing toujours la même bacaisse dans l’fond d’la même boîte à bois. Et domino, les femmes ont chaud !
Les danseurs s’applaudissent. Les hommes avalent quelques gorgées de bière; les femmes, leur vin de cerises. On s’assoit. On reprend son souffle. Les conversations reprennent, mais avec moins de vigueur.
Marc rejoint Marie-Rose sur un divan. Il est heureux. Bon, il ne le manifeste pas beaucoup, mais elle le ressent. Elle connaît son homme. Elle lui parle doucement de choses et d’autres. De son bonheur de retrouver sa famille. De la maison où elle est née et où elle a grandi. D’avoir revu le fleuve qui lui a tant manqué. De…
Elle se rend compte qu’elle parle toute seule. Marc somnole. Et voilà qu’il cogne des clous ! Marie-Rose est gênée. Qu’est-ce que ses parents vont penser ?
La réponse arrive par la voix de Joséphine qui s’approche en disant :
— Ton mari est fatigué.
Puis, elle réveille Marc en douceur :
— Venez, je vais vous montrer votre chambre. Rose va vous rejoindre plus tard.
Marc se laisse guider par sa belle-mère jusqu’à l’étage. On entend le plancher craquer sous leurs pas. Ils ne sont pourtant pas bien lourds ni l’un ni l’autre.
Quand Joséphine redescend, les invités se préparent à partir. Sans le savoir, Marc a sonné l’heure du départ. On doit se lever de bonne heure, le lendemain. Le train à faire, pour les hommes; le solide déjeuner à préparer, pour les femmes. Les journées sont longues et les nuits, courtes, du moins pour certains qui se font tirer l’oreille…
Édouard en sait quelque chose. C’est un dormeux, comme on dit. Pourtant, plusieurs années plus tard, quand il travaillera pour la Shawinigan Water & Power, il se lèvera, avec zèle, dès potron-minet. Il a désormais une femme, Simone, et une fille, Madeleine, à nourrir et à protéger des misères du temps. Son passage sur la terre des Poitras a été bref, après la mort de son père en 1937. Il a essayé de reprendre le bien familial, mais ce n’était pas fait pour lui. Il préférait les airs, quand il montait dans les poteaux, à la terre.
Son renoncement forcera Joséphine à vendre la terre, ses animaux, ses bâtiments et la maison. Son propre notaire l’escroquera, lui laissant à peine l’argent nécessaire à l’achat de la maison sur le chemin de la Station, au Cap-Saint-Ignace. Tous les enfants renonceront à leur part d’héritage afin d’aider leur mère à survivre. Des sœurs d’Édouard l’auront sur le cœur… Mais, le temps aidant, les braises de la rancœur s’éteindront.
***
La nuit est depuis longtemps tombée sur L’Anse-à-Gilles. Les voisins sont rentrés chez eux. Joseph-Édouard fait le tour de la maison pour s’assurer que tout y est bien en ordre.
Il rejoint Joséphine dans leur chambre. Il sourit (!) en disant à sa femme :
— Marc ronfle comme un engin à vapeur. Pauvre Marie-Rose ! J’espère qu’elle vient à bout dormir.
— Il n’est pas le seul, rétorque Joséphine.
— Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
— Depuis notre nuit de noces que je t’entends ronfler. Toi, c’est pas comme une machine à vapeur, c’est plutôt comme une sorte de… hennissement de cheval. J’ai toujours l’impression que quelqu’un t’attelle aussitôt que tu tombes endormi.
Édouard préfère ne rien répondre à la pique de sa femme. Il était pourtant certain de ne pas ronfler…
Il souffle la lampe à l’huile.
Merci pour le beau texte qui me rappelle les belles veillées chez pépére Rivest, dans le rang de la Rivière rouge, à St-Liguori. Beaucoup de ressemblances dans les habitudes telles que la bière pour les hommes et le vin pour les femmes; sans doute de l’orangeade pour les enfants et les ados sirotaient dans le verre de maman; on appelait les gros soupers des fricots avec le bœuf à mode et les patates pilées agrémentées de ciboulette et d’un peu de steak haché; la grande différence : pas de vue du fleuve St-Laurent mais traverser l’ancien pont branlant sur la rivière Ouareau où le vieux Ford IV était tombé en panne, une fois. On s’en reparlera au téléphone, je n’ai pas ta verve en écriture.
Tu devrais écrire. Tu avais une belle plume à l’époque. Tu me battais toujours en composition française. Durant l’hiver, au coin du feu, tu pourrais écrire tes mémoires. On en apprendrait des choses.
Je sais, Pierre, que je devrais écrire mes mémoires, mais je suis plus un sprinter qu’un coureur de marathon. J’ai la phobie de la page blanche. J’avais commencé avant la retraite mais j’ai réalisé mes limites. Ma famille continue de me picosser là-dessus. Ça prend de la concentration et tu sais que ce n’est pas mon fort. Et l’ensemble serait inintéressant. Je n’ai ni ton style ni ton courage ni ta persévérance. On s’en reparle.
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