Flora et Hector seront à nouveau contents de leur clan, même si l’occasion est triste. À Saint-Sauveur, les Chartier se réuniront le 4 août prochain pour célébrer la vie de leur frère Audé. Ses deux fils, Luc et Michel, seront là. Ils pleureront leur père… et leur mère, Judith, qui, bien que vivante, est terrassée par la terrible maladie du souvenir égaré. Ils penseront à leur sœur Linda, qui a déjà accueilli Audé en lui donnant des gros becs en pincettes, comme grand-mère Léondina en donnait.
Dans leur malheur, Luc et Michel ne seront pas seuls. Flora et Hector, leurs grands-parents, feront en sorte que tout se passe le mieux possible. Ils lanceront des invitations :
— Venez à Saint-Sauveur, venez dire à nos petits-fils que nous formons encore un beau clan, même éclairci.
Marielle, Réal, Alcide, Yvon, Monique et Claude, qui sont déjà dans le vaste monde de l’Éternel et de l’Infini, leur prêteront main-forte.
Serge et Alain répondront à l’appel. Et le chœur des filles aussi : Pierrette, Lucie et Claudette. Et les petits-enfants et arrière-petits-enfants de Flora et de Hector… Il y en a tellement que l’on a de la difficulté à se retrouver dans leur généalogie.
Il y aura probablement aussi (on se rendra compte que les cousins et cousines vieillissent…) :
Laurent à Lionel, et Suzanne.
Claire à Lionel.
Lisette à René.
Isabelle, Louise et Marcel à Hervé.
Jocelyne à Fernand.
Christiane à Anne-Marie, et peut-être Benoit.
Lise à Émile et Marcelle.
J’y serai, moi, Pierre à Marc. Mon père était le parrain d’Audé avec sa sœur Gabrielle (si ma mémoire est bonne).
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Il m’est venu à l’idée que, dans leur éternité, mon père, ma mère et mon frère participent à cette grande réunion de famille organisée par Flora et Hector pour accueillir Audé, leur fils.
Fernand, un bout de doigt en moins, accorde son violon, pour la veillée qui se prépare.
Simone a préparé quelques bonnes tartes. Ça se mange tout seul après les sets carrés.
Lionel, Hervé et Marc sont dans une grande discussion de moulins à scie.
René, parti si jeune, estlui aussi de la fête avec Béatrice et ses garçons Michel et Ronald. Il sourit, un sourire qu’il est seul à avoir – un sourire de Lorion, disait-on.
Gabrielle est là, solide sur ses deux jambes, bien droite, elle met la main à la pâte. Dans sa vie terrestre, elle était handicapée.
Anne-Marie, le bébé de la famille, coordonne les festivités. Elle a eu une très longue habitude des soupers et des réceptions.
Raymond, mon frère, est un peu surpris de voir Marie-Rose, notre mère, et Flora se jaser comme elles ne l’ont jamais fait depuis qu’il avait deux ans. À croire que l’éternité réchauffe les refroidissements qui se produisent parfois dans la vie des gens.
Léondina et Philias, dans leur berceuse, sourient devant tant de beauté.
Ils ont de bons enfants.
La fête bat son plein. Le party est pogné !
Vraiment un beau texte qui nous réchauffe le cœur ♥️
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