Mots maintenant détestés.
Auparavant, je les goûtais. Ils avaient quelque chose de libidineux. Ils me semblaient à leur aise au creux d’un lit, emmêlés dans les draps, « après l’amour », comme chantait Aznavour. Des vers des Fleurs du mal me revenaient à l’esprit : « La très chère étaient nue… » Touffeur et moiteur me renvoyaient aux « esclaves des Maures » langoureusement étendues, prêtes, chaires offertes, à accueillir leur maître.
Le charme est définitivement rompu. Touffeur et moiteur m’empêchent maintenant de respirer à l’aise. Mais ils n’en font pas moins monter des vers à mon esprit. D’autres vers. De Vigneault, mis en musique par Léveillée et chantés par Monique Leyrac.
Ah! que les temps s’abrègent
Viennent les vents et les neiges
[…]
Vienne la blanche semaine
Ah! que les temps ramènent
L’hiver!
Quel beau souvenir, cette chanson ! Je l’ai tellement chantée en écoutant Monique Leyrac !