Après deux semaines… ou presque

Tu te surprends à penser qu’il ne te reste que quatre semaines de traitements. Elles seront longues et difficiles au fur et à mesure que la radiothérapie sera plus corsée; et la dernière semaine de chimio biberonesque ne sera pas, tu le sens, piquée des vers. Tu t’accroches à l’espoir d’en sortir guéri — tu allais écrire « grandi » sans y prendre garde. Tu es pourtant allergique à ce mot. Depuis qu’il est à la mode, tout nous grandit. Surtout ce qui nous fait c…., souffrir.

Souffre, pis grandis, j’te dis, stie!

À l’époque lointaine de ta jeunesse, chez les frères, on vous disait qu’il fallait souffrir pour gagner votre ciel, pour faire sortir au plus sacrant les âmes du purgatoire pour qu’elles gravissent enfin les marches qui les conduiraient dans la demeure du Père. Quel langage! Malgré tout, combien de temps cela t’a-t-il pris pour te défaire de cette gaine collante de la culpabilité? Sois franc.

Avoue, stie!

Silence.

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About pgue

Auteur, rédacteur, scripteur et «prête-plume», comme on dit maintenant dans le métier.
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