Autre oubli. J’avais retenu, entre autres choses, de ma lecture de Sartre dans les années soixante que l’homme est un être pour mourir dans une solitude en commun.
L’être pour mourir, je ne l’ai peut-être pas oublié. Ma vie a été jalonnée de décès, de ruptures, de reniements, de rejets. À certains moments, j’ai même cru que j’étais transparent, invisible. Je me souviens que des gens parlaient de moi, devant moi, se moquaient de moi, comme si je n’étais pas là. L’un d’eux est devenu chanteur. Adulé par les foules qui ne savent pas la mesquinerie de son être, du moins dans ses jeunes années.
Comment ai-je pu passer à côté de la solitude en commun?