À ceux et celles qui, comme moi, ont perdu, disons, un peu de leur ferveur fidéiste, religieuse, psychologique, nouvelâgeuse, thérapeutique, environnementaliste, etc., je recommande le livre de Alexandre Lacroix : Comment vivre lorsqu’on ne croit en rien? Extraits :
« Quand on vous indique la direction du bien — que ce soit un prêtre, un psychologue ou un philosophe qui s’y emploie —, vous devez être en alerte : que cherche-t-il, cet homme-là? Pourquoi essaie-t-il de prendre barre sur moi en me faisant la leçon? De quelle ambition sournoise, de quelle névrose sa définition du bien est-elle le masque? »
« La morale authentique, donc, se méfie des grands principes abstraits et ne règne ni par la menace de sanction ni par le sentiment de culpabilité qu’elle instille; elle ne se donne pas pour tâche de bricoler une échelle des valeurs, à laquelle nos comportements devraient correspondre et grâce à laquelle ils pourraient être jugés, mais tente de nous montrer l’existence telle qu’elle est — et, partant, de nous préparer à la vivre. »
Et un long extrait (j’insiste sur la prononciation juste : le g de long se prononce « qu ») sur le scrupule. J’y reviendrai, ayant moi-même souffert de ce mal toute ma vie.
Qu’on se rassure… J’ai découvert, dès années après ma sortie du monde de la r’ligion, comme se plaisait à prononcer un ancien patron à moi, que les scrupules, qui me rongeaient et qui m’avaient fait subir les tourments de l’enfer afin, justement, de les éviter, s’apparentaient dangereusement aux troubles obsessionnels compulsifs que mon médecin — j’ai le meilleur depuis plus de trente ans — diagnostiqua chez moi. Quand il m’expliqua que ceux-ci étaient causés par une sorte de court-circuit dans les circonvolutions de mon cerveau et qu’il existait un traitement — oui, une pilule, et rose, en plus — pour en atténuer les effets indésirables, je faillis lui sauter au cou, chastement, bien sûr. Je me souviens du mois et de l’année de ma presque libération : février 1992.